09.03.2008
chat de Bonnard
Chat de peinture, chat qui sourit, petits bonheurs, crème fouettée –matins d’été d’Italie, roses trémières, aquarelles de mer, tes seins à la lumière, feuilles et mousses, yeux plissés, fenêtres…
Fenêtres grandes ouvertes. Mousse de mimosa. Petit déjeuner de soleil.
Bassine de linge mouillé, fous rires.
Une casserole de pâtes, un lac. Couverture écossaise. Escaliers, dégringoler.
Un parasol, une jupe remontée, un sentier de montagne. Une boule de lilas.
Roses trémières et mimosa.
Table de pierre, gravier, cailloux ronds. Les couleurs du dragon –pareil, un lézard sous le banc. Des citrons. Des étoiles filantes. De l’eau qui ruisselle, un pot de lait, du miel doré.
Chaise longue, un foulard ancien. Des poivrons grillés. La poudre noire des anémones. Douche à la source glacée, blanche la peau hérissée.
Une photographie envolée. Un marbre étoilé, recollé. Une poupée de coquelicot.
Et des doigts marionnettes. Langue de sable.
Bouts de laine et bonhomme de neige, une bouilloire –siffle, une couette –remontée jusqu’au nez. Du yoghourt dans les cheveux. Un acacia.
Violoncelle. Pâte à sel. Figurines : un dromadaire, des peaux-rouges emplumés.
Chair d’abricot. Panier pendu de pinces à linge, pivoines.
Pluie, tiède. Anis étoilé.
Pluies de mimosa, neige d’acacia. Un flacon de parfum –reflet dans le miroir, ovale, rouge doré. Céramique, une coupe de pêches.
Lit bateau –vole. Une bulle d’air dans la vitre. Papillons jaunes et noirs –clignotent.
Un compotier. Une comète.
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07.03.2008
L'après-midi, l'automne
C’est une après-midi de sieste après l’amour. (…) Mais tu n’es pas ici. (…) Et je fais la rencontre de ces mots de Régis Debray : « Je ne peux aimer le monde sans le partager, au moins en pensée. » (…)
Puis c’est octobre. Les après-midi d’automne sont plus courtes et le plus souvent, même au plus clair, moins lumineuses et plus froides que les après-midi d’été. Rien à redire ? Celle-ci ne déroge pas. Moins de lumière et moins longtemps, la nécessité de se vêtir de plusieurs épaisseurs de textile, et néanmoins d’éprouver parfois, pour peu que lassitude s’en mêle, des frissons et des chairs de poule – tout cela, malgré le pépiement des enfants qui sortent de l’école tandis que le gris du jour déjà s’assombrit, tout cela favorise un vague à l’âme, d’une vague de ressac, d’eau à l’écume sale, d’eau brouillée opaque, charriant le varech et les cordages de mer en nœuds et paquets, sapant la falaise et grignotant la grève, vague où le ressentiment, la nostalgie, le remord ou les regrets peuvent croire trouver un miroir quand c’est elle, et le bouillon du ciel, et l’horizon mâché, qui les suscitent, les engendrent. Pas plus difficile d’imaginer le soleil à nu, de s’en souvenir, que d’allumer dans le creux de ses mains, dans le creux de ses yeux, une flambée crépitante, et les cuivres et les glaces qui en réverbèrent et démultiplient la danse, dans une cheminée bordurée de tapis où divans et fauteuils profonds dégorgent leurs coussins, où dans le craquètement des bûches, quand les volets en geignant disent le froid et les loups du dehors, laisser flotter sa conscience vêtue de peau jusqu’au cœur de la flamme, sur son ventre posée la joue de son amour, la joie de son amour. Alors, quand brûle alentour la dernière rousseur des arbres, des jaunes fulgurants et des pistils de foudre aux creux blottis des ultimes fleurs fanées, dites-moi où se tient l’automne pourrissant ? Quand, sous le caoutchouc vert de la botte, la boue de feuilles et d’herbes où s’enterre et se terre ce qui jaillira au printemps qui défera l’hiver, quand sous la semelle cette gadoue où se décompose de la vie pour organiser de la vie fait, sous les pas, des musiques de succions amoureuses, de baisers, de caresses mouillées : où est-il, alors, votre automne d’opérette en noir et en blanc, bulletin de dépression cyclonique ? Au-delà de l’abricot et du mimosa, le sexe ne sent-il pas le champignon et le sous-bois ? Les après-midi d’automne sont propices à l’amour. Et quelle autre lumière que celle-là, qui se nourrit des intermittences du ciel et rivalise avec
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transgressions
Systématiquement, furieusement, ils travaillent à vider les mots de leur sens.
Des femmes et des hommes d’importance : certains sont élus du peuple, d’autres investis de hautes fonctions de la République, d’autres encore cernés de projecteurs et de caméras à raison du rôle qu’ils tiennent dans les feuilletons du moment.
« Ethique », « civilisation », « mémoire », « devoir », « respect » ou « antidémocratique », « collabo », « charognard » : aucun registre de langage n’échappe à cette entreprise qui s’appuie sur ce que l’air du temps a de plus vulgaire et désespérant.
Toute retenue, toute pudeur ont cédé : l’inconscience, la panique, font craquer tout vernis.
Ils balayent, dévastent, saccagent, profèrent, vitupèrent, ricanent.
« La violence est ce qui ne parle pas », a écrit Gilles Deleuze.
Bientôt, si cette dérive continuait à tout emporter, à violer les mots et à abuser le sens civique comme le sens commun, on en serait là. Sans plus de parole commune. Muets de stupeur, d’impuissance et, pour certains, de rage.
Le tournis, le zapping permanent, les rebondissements et retournements qui font le quotidien – non plus au jour par jour mais heure par heure – des actualités télévisées, du papier glacé et d’Internet dans ce qu’il a de glaçant (à quoi se résumerait, croirait-on, la vie du pays et celle des Français) tendent à empêcher les citoyens de distinguer l’important de l’accessoire, le dérisoire, le faux ou le semblant de l’essentiel.
« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. »
Ces sont des mots du Président de la République.
Qui s’exprime ? De quel droit ? A quel titre ?
De quoi se mêle-t-il ?
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