07.03.2008
L'après-midi, l'automne
C’est une après-midi de sieste après l’amour. (…) Mais tu n’es pas ici. (…) Et je fais la rencontre de ces mots de Régis Debray : « Je ne peux aimer le monde sans le partager, au moins en pensée. » (…)
Puis c’est octobre. Les après-midi d’automne sont plus courtes et le plus souvent, même au plus clair, moins lumineuses et plus froides que les après-midi d’été. Rien à redire ? Celle-ci ne déroge pas. Moins de lumière et moins longtemps, la nécessité de se vêtir de plusieurs épaisseurs de textile, et néanmoins d’éprouver parfois, pour peu que lassitude s’en mêle, des frissons et des chairs de poule – tout cela, malgré le pépiement des enfants qui sortent de l’école tandis que le gris du jour déjà s’assombrit, tout cela favorise un vague à l’âme, d’une vague de ressac, d’eau à l’écume sale, d’eau brouillée opaque, charriant le varech et les cordages de mer en nœuds et paquets, sapant la falaise et grignotant la grève, vague où le ressentiment, la nostalgie, le remord ou les regrets peuvent croire trouver un miroir quand c’est elle, et le bouillon du ciel, et l’horizon mâché, qui les suscitent, les engendrent. Pas plus difficile d’imaginer le soleil à nu, de s’en souvenir, que d’allumer dans le creux de ses mains, dans le creux de ses yeux, une flambée crépitante, et les cuivres et les glaces qui en réverbèrent et démultiplient la danse, dans une cheminée bordurée de tapis où divans et fauteuils profonds dégorgent leurs coussins, où dans le craquètement des bûches, quand les volets en geignant disent le froid et les loups du dehors, laisser flotter sa conscience vêtue de peau jusqu’au cœur de la flamme, sur son ventre posée la joue de son amour, la joie de son amour. Alors, quand brûle alentour la dernière rousseur des arbres, des jaunes fulgurants et des pistils de foudre aux creux blottis des ultimes fleurs fanées, dites-moi où se tient l’automne pourrissant ? Quand, sous le caoutchouc vert de la botte, la boue de feuilles et d’herbes où s’enterre et se terre ce qui jaillira au printemps qui défera l’hiver, quand sous la semelle cette gadoue où se décompose de la vie pour organiser de la vie fait, sous les pas, des musiques de succions amoureuses, de baisers, de caresses mouillées : où est-il, alors, votre automne d’opérette en noir et en blanc, bulletin de dépression cyclonique ? Au-delà de l’abricot et du mimosa, le sexe ne sent-il pas le champignon et le sous-bois ? Les après-midi d’automne sont propices à l’amour. Et quelle autre lumière que celle-là, qui se nourrit des intermittences du ciel et rivalise avec
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