07.03.2008

transgressions

Systématiquement, furieusement, ils travaillent à vider les mots de leur sens.

Des femmes et des hommes d’importance : certains sont élus du peuple, d’autres investis de hautes fonctions de la République, d’autres encore cernés de projecteurs et de caméras à raison du rôle qu’ils tiennent dans les feuilletons du moment.
« Ethique », « civilisation », « mémoire », « devoir », « respect » ou « antidémocratique », « collabo », « charognard » : aucun registre de langage n’échappe à cette entreprise qui s’appuie sur ce que l’air du temps a de plus vulgaire et désespérant.
Toute retenue, toute pudeur ont cédé : l’inconscience, la panique, font craquer tout vernis.
Ils balayent, dévastent, saccagent, profèrent, vitupèrent, ricanent.
 
« La violence est ce qui ne parle pas », a écrit Gilles Deleuze.
Bientôt, si cette dérive continuait à tout emporter, à violer les mots et à abuser le sens civique comme le sens commun, on en serait là. Sans plus de parole commune. Muets de stupeur, d’impuissance et, pour certains, de rage.
 
 
Le tournis, le zapping permanent, les rebondissements et retournements qui font le quotidien –  non plus au jour par jour mais heure par heure – des actualités télévisées, du papier glacé et d’Internet dans ce qu’il a de glaçant (à quoi se résumerait, croirait-on, la vie du pays et celle des Français) tendent à empêcher les citoyens de  distinguer l’important de l’accessoire, le dérisoire, le faux ou le semblant de l’essentiel.

 
« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur. »
Ces sont des mots du Président de la République.
Qui s’exprime ? De quel droit ? A quel titre ?
De quoi se mêle-t-il ?

Ecrire un commentaire