17/08/2009

re-conci-lier

Réconciliation.
 
La phrase de Cheng : « tout vrai voyage est la transmutation d’un voyage qu’on a déjà fait en soi, un soi qui cherche à ses transcender en vue d’un dépassement, d’une réconciliation. »
Donc, se réconcilier avec soi-même ? (pari : on a été « concilié »)
Avec quel épisode, quels moments, quelles traces, se réconcilier ?
Comment, à quoi bon, serait se réconcilier avec la trahison, lâcheté, mensonge, sabotages ?
Se réconcilier avec l’enfant ? Il était grimace et refus. N’était-il que cela ?
Non, c’est plus avant : se réconcilier avec l’apprentissage de la marche, la découverte des couleurs puis de leurs noms – les émerveillements, le chant. Se réconcilier avec les odeurs du monde, le toucher.
Se réconcilier avec les cauchemars ?
Réconcilier : remettre ensemble ce (ceux) qui était brouillé – embrouillé ; ré-entrer en communion, dé-brouiller.
Il y aurait, d’abord, se réconcilier avec l’enfant. Mais quel enfant ? L’enfant  reconstruit, l’enfant image, l’enfant souvenirs, l’enfant survivant ou un enfant intact qui serait toujours là ? Mais l’enfant déconstruit prime. Qu’est-ce qui a refusé l’enfance au cœur même  de l’enfance ? Qu’est-ce qui a effacé - non-enregistré – les souvenirs d’enfance ? (– parce que non-vécus ?)
Si c’était dans la posture du spectateur, il y aurait du souvenir, des images. Quelle posture, alors ?
 
Se réconcilier avec soi-même mais il n’y a pas de « même » : il y en a mais c’est l’illusion (la drogue) la plus mortifère : celle du miroir.
Ça vit quand, si, il y de l’autre. Se réconcilier avec soi-autre ?
Se réconcilier avec là où il y a de l’autre.
 
Ils étaient brouillés, ils se réconcilient. C’était brouillé, réconcilier. Voir . Mettre ensemble : écrire un récit. Il y a de l’autre : être l’autre de l’autre… Se réconcilier avec …. (le monde).
Pour ce faire, comme il avait été absent à sa propre enfance, il lui fallait la reconfigurer. Ou, plus simplement, faire émerger l’enfant. Lui ouvrir un espace. Faire ce pari : il est là.
Il y avait, dans cet enfant-là, un adulte bancal, un avorton d’adulte, qui se nourrissait de l’enfant, l’amputait, et perdura : dans l’enfant-dans-l’adulte. Un asphyxieur. Une fausse route. Comme un œuf vide resté en travers de la gorge puis mal aiguillé à l’œsophage. Un autre était dans l’enfant pour empêcher l’avènement de l’autre.
Il y avait « un » autre qui prenait l’espace de « l’ » autre. De l’autre tordu, du soi falsifié.
Ça bouffait la place de l’autre. Il faisait tout seul l’un et l’autre. Exemple : la masturbation dans la figuration : défiguration ; la masturbation sous le regard de l’autre            - réel ou absent - : ça marche (dans le sens de la vie).
 
Se réconcilier avec l’autre de l’autre. (être « soi » pour pouvoir être un autre pour l’autre –comme aussi l’autre pour un autre…)
Réunir ce qui est divisé : mettre en trois ensemble un « un » divisé, brisé ; mais non pas trafiquer de l’ « un », coller des morceaux. (Je dis « en trois » - symbolique des souffles du yin, du yang et du vide médian- retour à Cheng, symbolique qui en vaut une autre… - je veux dire ensemble et en mouvement les parties, pas du bricolage factice et de l’illusion d’unité, etc .)
 
Donc…
Non pas se réconcilier avec soi-même mais se réconcilier avec la place de l’autre et avec l’être au monde.
Se réconcilier : détordre tout ce qui encombre la place, l’espace de l’autre.

Commentaires

ce que je cherchais, merci

Écrit par : Nina_Tool | 18/09/2009

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