11/09/2009
LN / LM
En tribulations et proverbes, de tribus et de verbe, Hélène ourle et ombre le papier et colorie le lin, de cette eau où j’aime à la regarder, où nous aimons nous voir.
D’ombres pâles et gris blancs, de mots jetés sur la portée, elle se croque auto-tamponnée, et se cloue et se punaise en petite sœur de saint Sébastien, et se couture et se brode (chirurgienne aux bistouris de mine de plomb et poil de martre). Elle s’inscrit dans la lignée de tous les autoportraitistes et trace au long cours sa bande dessinée où son regard aigu et grave pince ses lèvres et ses seins.
Petits proverbes sont devenus grands.
Pierre qui mousse n’amasse pas et roule. Nul n’a le monopole de la douleur mais non plus personne le monopole de la douceur. Tel qui pleure vendredi dimanche sanglotera, lundi mardi mercredi pleurera de rire.
Dans l’atelier d’Hélène en exil, Napoléon à Sainte-Hélène s’est crevé le bidon comme un tramway coupant le ventre en deux de Frida Kahlo.
Les jeux de mots sont jeux de maux, ont la peau dure, douce, du dessin qui dure, de la peinture à l’huile. Et au nom du père, sous les noms-du-père, comme disait Lacan, les non-dupes errent. Mais cela nous mènerait trop loin. Restons légères.
Qui veut voyager loin aménage sa monture.
Les dessins d’Hélène et les deux seins d’Hélène iront loin dans vos âmes, vos yeux, esprits et cœurs, pour peu que nous laissions se conjuguer ses proverbes à feu doux, en regardant comme ses tribulations sont de toutes saisons.
Jacques Bugier.
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