16/11/2009
Lettre fermée à Frédéric M.
Monsieur le Ministre,
Il n’est pas trop tard, je l’espère, pour vous écrire ma solidarité chaleureuse, mon indignation violente contre la campagne haineuse qui vous a visé et ne cesse pas.
A mes yeux, M. H. s’est disqualifié ; M. O. s’est vautré dans l’ignominie, expert glacial de l’amalgame et de la vitupération d’un pseudo-moralisme totalitaire. MM. G. et M.… Tant d’autres, à des degrés divers.
J’ai lu votre livre scandaleux l’été de sa parution. J’y retrouvais l’émotion, la stupéfaction tremblantes de ma rencontre avec vos lettres de S. (j’étais de ceux qui les avaient d’abord lues en méconnaissant le sexe de l’absent). En même temps, j’éprouvais un immense malaise à la lecture de ces certains épisodes d’une vie intime heurtée, meurtrie autant que mauvaise. Mauvaise et malfaisante ? La question pouvait survenir. Il fallait relire et se la reposer. Il fallait se la poser au trébuchet d’un miroir. Il fallait se la poser à l’aune de la littérature.
Et puis… Et alors ? Quel rapport avec ces délires et cette boue ? Cette boue toute prête à gicler – ils la serraient dans leurs cartouchières – et qui n’attendait qu’un prétexte (vous leur avez offert d’un mot), un bon tempo médiatique et politique, pour s’épancher et se déchaîner.
Nous nous sommes croisés en temps de campagne présidentielle au B. où je vous avais abordé pour vous dire que j’avais apprécié votre émission avec Claire C. et François B. pour invité.
Nous avons dîné à la même table au château de B. où vous aviez rendez-vous avec l’H. Nous avons parlé de la maîtresse de Pierre L., du M., de Jack L., de la pagode de C…
Le futur ministre que j’ai rencontré était non seulement un écrivain, cinéaste, etc. mais aussi un homme élégant et gentil. Qualités si répandues dans votre nouveau « milieu professionnel » et chez vos nouveaux « amis » politiques (et ennemis, j’en conviens…), qu’il est sans doute baroque de les relever.
Aux rendez-vous de l’H. 2009, que « l’affaire » vous a empêché d’honorer de votre présence, le Dr Jean O., venu de son château de la B. participer à un débat sur « le corps contraint », a dénoncé « le grand mythe paranoïaque mondial de la transparence » et s’est exclamé : « La vie, c’est le clair-obscur ».
J’entendais hier soir, sur un autre terrain de débat, Jacques A. dire : « La dénonciation des élites, c’est le début du fascisme. » Il y a de cela aussi, avec la phobie trouble de l’homosexualité que la novlangue du « politiquement correct » ne fait que rendre plus insidieuse.
Ce n’est pas leur pureté qui et dangereuse, c’est eux.
Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de ma haute considération.
Jacques B.
31 octobre 2009.
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