14/08/2012

Coq à l'âne

images-1.jpgConversations dans le Loir-et-Cher : c'est le titre d'un recueil de textes dialogués de Paul Claudel (L'Imaginaire / Gallimard). Parce qu'il en commença l'écriture "à ces moments d'intervalle et de vide que laissaient entre elles mes "saisons" diplomatiques dans les régions ultra-marines : l'occasion en fut quelque bivouac au fond d'un vague château de la Sologne ou de l'Isère"...

Le "vague château de la Sologne", de briques et de broc, est à Cellettes. Paul Claudel y séjourne en 1925.



Le 11 décembre 1934, à Bruxelles, il écrit la préface de ses Conversations.

    "Tout ce qui s'agite de souvenirs et d'idées hétéroclites dans la tête d'un voyageur comme les clous dans une calebasse mexicaine, tout ce qui peut s'arranger entre elles d'accrochements arbitraires, est assez bien représenté, comme du coq à l'âne, par la conversation intempestive et disjointe qu'entretiennent à la faveur d'une promenade sur l'eau ou d'une panne automobile quelques pèlerins de cet itinéraire éternel qui va de nulle part à n'importe où.
    Si le lecteur a la perspicacité ou l'indiscrétion de se mêler lui-même à ce pique-nique hasardeux de propositions, - aux attitudes offensives ou défensives que provoqueront chez lui ces voix à la recherche l'une de l'autre, aux réserves, développements et annotations qu'il se sentira invité à souscrire, il comprendra qu'il n'y a malgré tout qu'un seul sujet sur la table. Je l'appelerai cet art pour les hommes de vivre ensemble, avec tous les perfectionnements ou dégradations que comportent le temps et les circonstances."

13/08/2012

La madone de Saint-Laumer

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Photo Stéphane Moro-Lin

 

Stéphane Moro-Lin, photographe, vit et travaille à Blois. Des femmes, des corps de femmes, des ventres de femmes habitent ses images, peuplent les églises, les ruelles et les jardins de la ville.

Sur bâches en formats géants ou sous cadres discrets, sur des disques vinyl qui jouent sur des platines, ses photographies sont visibles au bar le Point G, chez dB Acoustique et au restaurant le Studio.

En attendant une exposition à l'automne.

12/08/2012

"Nous ne supportons plus la durée."

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…  « un désordre dont on ne peut imaginer le terme s’observe à présent dans tous les domaines. Nous le trouvons autour de nous comme en nous-mêmes, dans nos journées, dans notre allure, dans les journaux, dans nos plaisirs, et jusque dans notre savoir. L’interruption, l’incohérence, la surprise sont des conditions ordinaires de notre vie. Elles sont même devenues de véritables besoins chez beaucoup d’individus dont l’esprit ne se nourrit plus, en quelque sorte, que de variations brusques et d’excitations toujours renouvelées. (…) Nous ne supportons plus la durée. Nous ne savons plus féconder l’ennui. »

Premières phrases d’une conférence donnée le 16 janvier 1935 par Paul Valéry.

Plus avant, il dit : « De là cette impression générale d’impuissance et d’incohérence qui domine dans nos esprits, qui les dresse, et les met dans cet état anxieux auquel nous ne pouvons ni nous accoutumer, ni prévoir un terme. D’un côté un passé qui n’est pas aboli ni oublié, mais un passé duquel nous ne pouvons à peu près rien tirer qui nous oriente dans le présent et nous donne à imaginer le futur. De l’autre un avenir sans la moindre figure. Nous sommes, chaque jour, à la merci d’une invention, d’un accident, matériel ou intellectuel. »

Conférence publiée sous le titre « Le Bilan de l’intelligence ». Aux Editions Allia qui publient de jolis et nécessaires petits livres qui tiennent dans la poche et sont doux sous la main.

J. B.

11/08/2012

Louise B, photographe (3)

La Tour-de-Peilz-20120806-00311.jpgLa Tour-de-Peilz, août 2012.

Photo Louise Bugier.

09/08/2012

Un tourin à Manaurie

Retour à l’essentiel.

A Manaurie, en Dordogne, dans le Périgord noir, entre les Eyzies et Le Bugue, pas bien loin de Lascaux, un café-restaurant hôtel à l’enseigne de « La Marmite ».

Imaginez un déjeuner quand le soleil rôtit les fontanelles de l’homme de Cro-Magnon et les joues roses des Anglaises. Après avoir pris tout son temps, dans la matinée, pour avaler les nuages de brume qui voilaient la Vézère et ses affluents.

Menu du jour à 12 €.

Une soupière de tourin à l’ail, à volonté. Un ramequin de pommes à l’huile tièdes et de harengs. Un onglet tendre et juteux, noyé sous une avalanche de grosses frites dont même la grand-mère n’a jamais connu de congélateur. Un plateau de fromages avec des qui coulent et des qui se tiennent. Une jattée de crumble aux pommes et aux cassis.

Avec un petit pichet de rosé frais et un café, l’addition monte à 15,80 €.

Sur une petite terrasse avec parasols et fleurs en pots de zinc.

Avec un commensal qui raconte les dinosaures comme s’ils étaient ses cousins.

Avec une tribu de Bataves qui explosent leur cholestérol au menu gastronomique dans la salle à manger rustique.

Avec les gars des chantiers qui rendent les soupières vides dans la salle du bistrot.

Avec le sourire de la patronne et le rire du patron.

Douce France.

Carpe diem.

 

J. B.

 

Une recette du tourin blanchi à l’ail et à l’oignon

Ingrédients : 500 g d’oignons, 7 gousses d’ail, 4 œufs, 2 cuillères à soupe de farine, 2 cuillères à soupe de vinaigre de vin, 1 bouquet garni, des tranches fines de pain de seigle ou du vermicelle, sel, poivre.

Préparation : Eplucher et émincer les oignons, les faire fondre dans une cocotte en fonte avec de la graisse d’oie. Quand ils sont à point, ajouter l’ail grossièrement haché, saupoudrer avec la farine, remuer et laisser cuire ensemble 1mn. Verser petit à petit 1,5 litre d’eau en remuant toujours et en appuyant sur le fond. Introduire dans la cocotte le bouquet garni, saler, poivrer généreusement et laisser mijoter doucement à couvercle fermé. Casser les œufs, séparer les blancs des jaunes. Laisser tomber les blancs un à un dans le bouillon et continuer la cuisson jusqu’à ce que le blanc soit pris. Délayer dans un grand bol le jaune avec le vinaigre et lier le tourin sur un feu très doux. Pour réussir la liaison, ajouter dans le bol une louche de bouillon et verser doucement dans la cocotte en remuant au fouet. Servir aussitôt. Vous pouvez, si vous le souhaitez, déposer des tranches de pain dans la soupière et verser le bouillon dessus.

(http://www.tourisme-vezere.com/fr)

 

La Marmite Le bourg 24 620 Manaurie.

05 53 06 98 98